Une première étape de chantier de Tous ne sont pas des anges de Jean-Pierre Cannet a eu lieu le 15 septembre. (Mise en scène : Christian Sterne et Thierry Barbet, avec Arnaud Aldigé, Jasmina Prolic et Christian Sterne.)


Voici ce que dit la presse de cette soirée.
[…] La mise en scène épurée laisse beaucoup d’espace aux mots, bien sûr, mais aussi aux corps. Ce sont eux qui prêtent leurs traits à l’écriture de Jean-Pierre Cannet, qui donnent chair à l’œuvre littéraire. Les mouvements de leurs pieds, leurs mains ou leurs visages la servent fidèlement. Précis et contemporains, ils reflètent une sorte de folie, d’inquiétude actuelle, de glissement de la normalité jusqu’aux limbes de l’âme humaine. Ils sont les véhicules humains des pages de l’écrivain. Des fulgurances jaillissent : « J’ai tendance à n’être pas ». « Le dos, c’est la dernière chair de soi quand on s’en va ». « Ma clope est un chien d’entracte »… Des espaces s’ouvrent, de nouveaux territoires intérieurs et le jeu vu mardi soir est véritablement une belle promesse. […]
Olivier Rigaud, La République du Centre, 18 septembre 2009
Et voici ce que Thierry Barbet et Christian Sterne, co-metteurs en scène du spectacle, écrivent à la suite du chantier.
Collage de type surréaliste : corvées quotidiennes, rapports réels ou fantasmés, tourments intimes…
Enchevêtrement dans la parole adressée et la pensée murmurée… d’un homme de maintenant.
Le texte propose une vision fragmentée et multiple de l’homme.
Un chaos d’instantanés, de flashs.
Faire surgir cette parole de cet Homme requiert la présence, sur le plateau, de deux de ses « fantômes privés » : une danseuse (la femme, sa part manquante) et d’un comédien plus jeune que l’Homme (sa part d’enfance). Ils seront les déclencheurs : La fantaisie et la grâce, la liberté et le désir, la naïveté et l’inconnue.
A trois, ils formeront le trépied, la trinité, l’unique.
Ouverture de chantier au public à l’issue d’une première période de travail
Séquence vidéo « générique », cet Homme Lambda poussant un lit, déambule sur une route vide. Vide, devant, derrière, au loin.
On retrouve Lambda sur scène, exhorté par son double quasiment toujours présent.
Lambda s’évertue à endosser, à vivre, à découvrir… chacune des situations proposées…
Incarnation, décalage de la pensée, traversée du corps par les mots, par les sons, interprétation vidéo, partage de la parole… autant de tentatives, de vecteurs de jeu utilisés suivant les textes…
Transitions abrégées…
N.B : L’absence de la danseuse figurant du second fantôme privé, au jour de la présentation du chantier, a favorisé la création de 2 autres séquences vidéo qui se sont avérées pertinentes.
Voilà, le premier geste donne le ton.
C’est bien l’Homme qui parle, l’Homme à facettes traversé de désirs, de frustrations, l’Homme qui est.
L’œil de « l’autre », c’est son miroir et lorsqu’il se penche sur son ombre, c’est tout un pan de lui-même qui s’éclaire.
Il est cette femme, cet enfant, ce monstre d’humanité qui marche, seul, disséminé de l’intérieur, étranger à lui-même : un homme qui va.
L’enjeu (dans le rétroviseur) au 15 septembre 2009
Après sa capture, montrer l’Homme comme à la foire aux bestiaux.
Le faire entrer dans l’arène, dans l’essoreuse et lui tendre un miroir.
Entre ce qu’il voit et ce qu’il est, quelle coïncidence ?
Explorer l’Homme au monde.
Avec lui, autour de lui et en lui, deux « ombres », deux entités qui l’accompagnent, le provoquent et le cinglent, l’apaisent ou le tourmentent.
Qui contamine qui ?
Qui mène la danse ?
Qui est qui ?
Première étape donc et qui en appelle d’autres !!!
(avant la réalisation finale prévue en novembre 2010)